Psychothérapie / Coaching : Les deux faces d’une même pièce

Psychothérapie / Coaching : Les deux faces d’une même pièce

Quand la décision est prise de se faire aider, comment trouver celle ou celui avec qui prendre rendez-vous ? Qui appeler en fonction de son besoin ? Le choix de la « bonne » approche est souvent pour le client le premier obstacle à sauter. En fonction du problème ou de l’objectif, les moteurs de recherche vont aiguiller soit vers de la psychothérapie soit vers du coaching. Pourtant, il n’est pas forcément nécessaire de choisir entre les deux mouvements. Petit tour d’horizon sur ce qui les différencie et surtout, sur ce qui les rend complémentaires.

Deux pratiques mises dos à dos

Littéralement, l’acte de coacher quelqu’un veut dire l’entraîner. Rien d’étonnant donc que le terme Coaching soit aujourd’hui utilisé à peu près dans tous les domaines, qu’il soit sportif, professionnel ou scolaire… Dans l’esprit collectif, la démarche de faire appel à un coach sert avant tout à atteindre une performance, plutôt sur le court terme.

La psychothérapie, quant à elle, est définie comme le traitement de personnes souffrant de problèmes psychologiques. Dans cette logique, elle serait dès lors réservée au patient en demande de soins et servirait des motifs plus sérieux, plus pathologiques, voire médicaux.


En somme, ce sont les ressources de la personne qui sont travaillées en coaching, et la guérison du symptôme qui est recherchée en thérapie. Sur cette base, beaucoup tracent des frontières infranchissables entre l’une et l’autre des démarches, contribuant à les mettre dos à dos.

La psychothérapie et le coaching : Une complémentarité efficace

Si chacune de ces pratiques ont bel et bien un esprit qui leur est propre, elles apportent leurs forces à des moments différents de la relation d’aide. Car la psychothérapie et le coaching ont en commun ce que l’on appelle le lien. Un lien spécial qui implique contact et relation entre la personne et le praticien. Tout le reste n'est que tiers, qu'il s'agisse du dernier outil « à la mode » du coach, de la récente étude clinique du psychologue ou du médicament prescrit par le psychiatre.

Le besoin d'attention est le point de départ. Il s’agit d’un besoin primaire, d’un besoin physiologique pris en compte grâce à la relation unique qui se construit entre le praticien et le client. Elle permet d'ouvrir le champ au dévoilement, et laisse le passage à la réparation puis au changement.

De cette logique, deux mouvements se dessinent pour venir en aide à la personne : La psychothérapie, qui relève du soin que le patient va progressivement pouvoir s’apporter, dans l’intimité qui se situe entre lui et lui-même. Cela passe par exemple par la réparation du lien d'attachement précoce qui a pu être malmené jusqu'à créer un trouble empêchant d'être tranquille avec qui l'on est. La relation avec le praticien est ici essentielle : elle crée un cadre suffisamment sécure pour que le patient se recontacte lui-même, dans ce qu'il est de plus authentique, y compris dans ses espaces réprimés ou vécus comme honteux.

Le coaching est l’autre mouvement. Il relève de l'énergie de vie, celle que l’on peut contacter quand l’estime de soi revient, quand le désir d’être et de faire s’assume. Le praticien a pour mission de la détecter et de donner les moyens au client de la déployer. Le patient a déjà toutes les ressources, le coach est là pour soutenir sa croissance via la reconnaissance de ses besoins et leur expression dans son environnement.

En pratique

La psychothérapie et le coaching sont donc complémentaires mais comment cela se traduit-il dans un accompagnement ? A quel moment passe-t-on de la psychothérapie au coaching et vice-versa ? Le patient donne le tempo : en fonction de sa problématique de départ, et de ce qui émerge au fil des séances, l’une ou l’autre des postures sera plus en adéquation avec le besoin.

Pour illustrer mon propos, je vais vous parler de Charles, 43 ans. Il me consulte pour une problématique de confiance en lui qui le touche dans tous ses espaces de vie. L’approche psychotérapeutique est dans un premier temps la plus adaptée car Charles a besoin de se reconnecter avec ce que j’appelle le sens de soi. Je le soutiens dans le développement de ses capacités d’auto soutien et de sa légitimité à être. Puis, je peux donner aux séances suivantes une énergie «coaching ». Des objectifs sont-ils apparus ? Quels espaces de vie désire-t-il investir ou revisiter à l’aune de ses nouvelles capacité à être ?

Vers un choix plus éclairé ?

L’exercice de définition de la psychothérapie et du coaching hors dictionnaire est aussi périlleux que nécessaire. D’une part, pour faire sortir ces termes de leurs généralités, d’autre part les associer à la pratique pour leur donner du sens. Et peut-être, permettre aux futurs patients de s’interroger sur leurs attentes face à un praticien.

Pour ma part, j’ai décidé de ne pas choisir et de travailler avec mes clients dans le cadre thérapeutique qu’offrent à la fois la psychothérapie et le coaching. Pourquoi ? Car ils sont les deux faces d’une même pièce : la relation. Tissée entre le patient et le praticien, elle devient elle-même ressource au service de l’accompagnement. On parle d’ailleurs de psychothérapie relationnelle, ce qui, de mon point de vue, est un pléonasme…

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