Contraintes existentielles ; les angoisses amies du changement

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Contraintes existentielles ; les angoisses amies du changement

Il n’y a pas de coaching, pas de thérapie sans évoquer, à un moment ou à un autre, les contraintes existentielles. Elles sont omniprésentes. Parce-que, ces contraintes, au nombre de cinq, relient tous les êtres humains. Peu importe le pays, le sexe, la religion, la culture. Ces cinq contraintes nous rendent tous égaux dans les difficultés qu’elles nous imposent. De l’unique fait d’être humain.

Je vous propose d’évoquer ces contraintes que l’on appelle aussi pressions existentielles. Peut-être vous reconnaîtrez-vous plus dans l’une ou dans l’autre ? La prise de conscience de ces contraintes dans sa vie est un véritable cadeau que vous vous ferez.

 

La contrainte de finitude

Notre finitude est peut-être l’une des rares réalités qui met tout le monde d’accord. Enfin, en théorie. La conscience de notre fin physique n’empêche pas la mise en place de certains processus. Qui ont comme objectif inconscient de la mettre en échec.

Ainsi, à mon cabinet, je peux recevoir des clients qui ont des difficultés à mettre fin à un cycle pourtant arrivé à son terme. Qu’il s’agit d’une relation intime ou de travail. Persévérer pour ne pas avoir à mettre fin. Dans la même logique, les difficultés à s’engager participent de la même tentative inconsciente.

Le résultat, sur le quotidien, est un manque d’énergie pour mettre en place, mettre en mouvement, terminer quelque chose. En prendre conscience est une première étape au changement.

 

La contrainte de liberté et de responsabilité

Parler de responsabilité nécessite d’impliquer Sartre et sa célèbre réflexion : « L’homme n’est pas responsable de ce que l’on a fait de lui. Il est responsable de ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui. »

Tout est dit. Ou presque. La responsabilité est intimement liée à la liberté. La liberté de choix, répondre des conséquences de ces choix et en assumer les risques. Devenir auteur de sa vie implique d’être dans cette responsabilité. Au risque de déplaire. Au risque de briser un équilibre établi.

En tant que coach et thérapeute, travailler la responsabilité, c’est revisiter les culpabilités, c’est se connecter à son identité pour faire des choix qui lui font honneur.

La responsabilité est une contrainte existentielle dans la mesure où elle renvoie au libre arbitre et donc à la solitude.

 

La contrainte de solitude

Il s’agit ici de solitude existentielle. Celle qui renvoie à l’expérience unique que vit chacune et chacun lorsqu’il ressent, lorsqu’il pense, lorsqu’il respire. Personne ne vit et ne voit la même chose. Voilà comment je pourrais résumer cette réalité. Elle devient une contrainte lorsqu’elle devient insupportable. Ainsi, j’ai accompagné des clients qui rencontraient des difficultés à se connecter à des émotions qui leur étaient personnelles. L’autre devient alors un étalon auquel il se réfère et dans lequel il se perd.

La solitude est une contrainte qui renvoie à notre condition d’être humain. Nous naissons seul et sommes seul à ressentir ce que nous ressentons. Et pourtant, c’est grâce à l’environnement, à l’autre, que je survis et qui m’aide à comprendre ce que je vis. Là est le paradoxe. Paradoxe qui doit être traversé pour résoudre les enjeux des autres contraintes.

 

La contrainte de sens

Quel est le but de ma présence sur Terre ? C’est à cette question que la contrainte du sens tente de répondre… ou d’échapper.

Cette question apparaît à un moment ou à un autre dans le processus d’accompagnement. Au « Pourquoi suis-je là ? » je travaille en tant que coach au « Pour quoi suis-je là ? ». A l’absurdité de notre présence sur Terre, l’angoisse de savoir quoi en faire peut être tenace.

Travailler son identité, le « qui suis-je », est un préalable pour élargir sa vision du monde et tenter de dégager sa mission de vie. Celle qui dépasse son seul environnement et concerne aussi le « pour qui ».

Quand je suis, quand je ressens, là, ici, et maintenant, qu’est -ce que je veux pour le monde et la Terre que j’habite ? Cela implique de se mettre au service d’une cause plus grande que soi. Mes valeurs, mes croyances, ce que j’ai fait de ce qu’on a fait de moi… Comment cela peut-il m’aider ?

La quête de sens est une recherche qui concerne à la fois l’intime et l’autre. Elle est le reflet de soi, un soi qui évolue et qui apprend de lui à chaque instant. Elle est à la fois la raison d’être et l’objectif caché de toute démarche de thérapie et de coaching.

 

La contrainte d’imperfection

L’imperfection est une contrainte. On le voit à la façon et à l’énergie que certains déploient pour être… parfait. On ne peut que tenter d’être parfait, puisque la perfection n’existe pas. Alors, quand l’on essaye d’être parfait, qu’est-ce-que l’on ne souhaite pas voir ?

L’hypothèse pourrait être sa propre imperfection. Ou encore ses limites.

Beaucoup de mes clients se sentent comme des petites souris face à la montagne tellement grande. Ils ne peuvent plus bouger, immobilisés par tant de choses à être et à réaliser.

Remettre du mouvement consiste à accepter ses limites personnelles et celles de son environnement. Cela consiste à lâcher prise sur ce que cela doit être pour laisser la place à ce qu’il est possible de mette là, tout de suite, maintenant, au mieux de ses capacités et de ses connaissances.

 

Les contraintes existentielles sont une source d’angoisse. Angoisse qui tente d’être jugulée par des mécanismes de défense bien huilés, parfois depuis l’enfance. En prendre conscience, c’est donc faire face à ces angoisses, côté pile. Côté face, cette prise de conscience éclaire et libère. Elle donne une tout autre grille de lecture sur ses processus relationnels et schémas d’actions.

Se relier en tant qu’être humain à ces pressions permet de croître et de se mettre en mouvement.